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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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.20 I

LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE.

comme les académies, les colleges électorauxcomme les deux chambres, et l’ancienne sociétéen grande partie comme la nouvelle. En arrivantaux confins de la Charte, le pouvoir royal arrivaità la solitude.

Depuis les jours de 1815, l’opinion royalisteétait changée. Les pères avaient fait place à des filsimbus de l’esprit nouveau, grandis avec la Charte,et fiers de leur part de liberté. Les royalistes cons-titutionnels s’étaient fortifiés chaque année d’il-lustres conquêtes sur l’ancienne droite, et chaquenom représentait tout un ordre d’idées et de rangsque le même progrès avait entraîné avec lui.Seize années de formes représentatives, avaientlié à ce régime toutes les classes et tous les esprits.La cour presque toute entière s’y était attachéepar les habitudes de la Chambre des pairs et parles conseils d’une expérience de tant d’années.On faisait remarquer un jour à quelqu’un, dansla salle du trône, que le système dominant n’ycomptait pas une voix sur dix. Qu’attendre dureste de la France ?

Et le système dominant n’était pas encore lecoup d’Etat ! Ce système ne s’annoncait, par l’or-gane de M. le prince de Polignac, chef du minis-tère, que comme une sorte de torysme monarchi-que ; il recevait l’appui de royalistes qui, croyantla prérogative intéressée dans la lutte de la cou-ronne pour un ministère même pris en dehors de