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LIVRE SECOND.
la majorité, prêtaient secours au trône, sans en-tendre qu’il s’agit de sacrifier la Charte et la paixpublique à ce funeste débat. Le coup d’Etat, misaux voix dans la cour, ou bien dans la garderoyale, n’y aurait pas trouvé dix partisans. Toutle monde sait aujourd’hui qu’il n’en comptait pasmême dans le conseil.
La société française était donc parvenue à cepoint, où la transaction, commandée par les inté-rêts de tous et écrite dans les lois, avait passé dansles esprits et dans les mœurs plus que la France nele savait elle-même, et c’était alors que cette grandetransaction allait être brisée pour longtemps ; nousne voulons pas dire pour toujours. Car à notreavis, c’en serait fait de la France.
Le duel se réduisait à ces deux contendants : lepays presque tout entier uni, et un roi qui, danssa fierté blessée, dans ses appréhensions persévé-rantes, dans ses témérités excitées, demandait àla monarchie absolue la solution de difficultés, lavengeance d’agressions inhérentes à la monarchieconstitutionnelle.
C’était un roi de soixante-dix ans, et deux foiséprouvé par l’exil, qui allait mettre sa couronne àla pointe de l’épée, de peur de la transmettreamoindrie à ses neveux. C’était un prince, de re-ligion sincère, qui, parvenu aux limites de laCharte, ne s’arrêtait pas à une barrière gardée pardes serments. Cependant, d’un côté, il y avait,