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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE TROISIÈME.

on ignorait tout encore; on croyait encore régner,quand tout à coup un noble enfant, le premier,s’étonne, une jeune femme s’écrie, un vieillardtressaille : ils voient au loin, sur le pavillon desTuileries, flotter un drapeau qui n’était pas celuidu Béarnais et de ses descendants. En l'arborant,ou plutôt en le laissant arborer, le peuple n'a eugarde d’intervenir dans la décision des destinéespubliques, de faire ou défaire une monarchie,de mettre la main sur le gouvernail pour le tenirlui-même ou pour le briser. Ces pensées ne luisont pas venues. Il ne se croyait qu’une mission,celle de prêter sa force aux lois opprimées. Ilpose des sentinelles sous les portraits du roiLouis XVIII qui donna la Charte et la respecta ; iltrace le nom conservateur de la Charte sur le mo-nument qui attend la statue de Louis XVI; demême qu’il a suivi dans le combat les plus vail-lants et les plus habiles, il cherche dans la victoireles plus autorisés pour abdiquer dans leurs mains.11 renverse avec respect les barricades devant ledéputé, devant le pair du royaume, ces princesde la Charte, qui courent à leur palais. Et si,parmi les membres de la Chambre héréditaire, lafoule en reconnaît quelqu’un illustre par le génie,illustre par les monuments que sa foi fécondeéleva à la religion de ses pères, par son culte pourle passé de la patrie, par sa haine du régime impé-rial , par son dévoûment de toute la vie au sang des