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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LA RÉVOLUTION PE l83o.

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canon qui gronde sur la capitale des arts et sur sesmonuments. Bientôt la population ne se défendplus; elle attaque. A défaut d’armes, on saisit cesgothiques armures conservées comme curiositéshistoriques dans nos musées, et qui servent unefois encore, mais pour se retourner contre la der-nière réminiscence des anciens jours. A défaut degibernes, les femmes portent de la poudre ; les en-fants marchent à la tête des colonnes : c’est unenfant qui casse la jambe, d’un coup de pistolet,au brave duc de Fimarcon; un autre renouvelle,sur nos ponts, la scène d’Arcole; un autre em-portera le Louvre. A cette armée il ne manqueque des chefs. En voilà ! Des jeunes gens, quiont sur la tête le chapeau militaire, et au colletde leur habit une fleur de lys d’or, se distinguentde la foule par leur uniforme non moins que parleur courage. On assure que ce sont des enfantsde famille qui se distinguent bien davantage encoreparleur science. C’est assez. On les suit, ou plutôton les porte, on les entraîne à la victoire; car, aufait, c’est ainsi qu’obéissent les nations. Devantcet élan unanime tombent les casernes, les palais,les Tuileries enfin. Les Tuileries! Sur ce champ debataille connu, les Suisses meurent comme au10 août, mais moins bien, dit-on, qu’au 10 août :car ils n’ont pas le sentiment qu’ils défendentles lois !

C’était le jeudi matin, 29 juillet. A Saint-Cloud,