LIVRE TROISIÈME.
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jour où une pensée fatale, en renversant les lois,jette une nation ardente dans l’alternative detout subir ou bien de tout risquer, ce jour-làtous les liens semblent brisés d’un bout de lamonarchie à l’autre. La nation reposait sur la foid’une loi et d’un serment : le serment s’efface, laloi tombe , la nation se lève. Ces cent mille hom-mes qui ne sont pas électeurs , ces cent milleautres qui ne savent pas lire peut-être , se lèventcomme une immense armée pour la querelle dela liberté des élections et de la liberté de lapresse, parce qu’ils ont tous des intérêts et desdroits dont ils savent que ces libertés sont les rem-parts.
Et on ne peut pas assez le dire : car c’est là lecaractère essentiel du grand mouvement populairedont nous allons scruter les résultats ; ce n’est pointParis seul. L’ébranlement est universel; toutes lescampagnes sont en armes ; toutes les villes envoientdes renforts. Ceux de Rouen, du Havre sont venusdéjà. Le magnifique régiment des hussards de lagarde, qui arrive deux jours après, est poursuiviet traqué dans les plaines par la population entière :il ne trouve pas un bourg, un village dont il ne luifallût faire le siège pour y entrer. Le roi, dans safatale demeure de Saint-Cloud, entend près de luiVersailles rejeter violemment ses ordonnances enmême temps que Paris ; avant Paris Stenay arborele drapeau tricolore ; et, au centre du royaume, la