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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LA RÉVOLUTION DE l83o. 210

fille des rois qui a uni en vain sa voix à celle de laFrance, l’auguste Marie-Thérèse a vu , dès les pre-miers moments, le sol trembler de toutes parts sousses pas, comme il tremble à Saint-Cloud sons ceuxdu monarque qui a porté ce grand coup.

Le combat terminé, il se trouve que la mul-titude victorieuse sait respecter les lois, commeelle a su, désarmée, vaincre en les défendant.L’histoire dira que Paris ne fut jamais plus calmeque dans ces terribles jours, où des hommes cpiin’ont ni pain, ni habits , avaient seuls des armeset faisaient sans obstacle le redoutable apprentis-sage de la puissance. La justice en se réveillantn’aura même pas un méfait à rechercher et à punir.A ce premier essai de prépotence populaire, lespassions coupables sont restées en suspens commela justice.

L’esprit constitutionnel fit ces miracles. C’estcontre lui, par une méprise funeste, que la batailledes ordonnances a été livrée. C’est lui qui a sou-tenu l’assaut, et qui a vaincu ; lui seul ! Et lapreuve, c’est le cri unique de vive la Charte !sous lequel les citoyens marchaient au combat etqu’ils continuent à faire retentir quand le combata cessé ; la preuve, c’est le respect que le peuplea fait voir pour toutes les propriétés, toutes lesexistences, tous les droits, tous les pouvoirs,quand lui seul avait la force ; la preuve, c’estqu’il dépose ses armes victorieuses dès qu’une