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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE TROISIÈME.

qui alla sur-le-champ s’établir à l’Hôtel-de-Ville, àce quartier-général des passions soulevées, au mi-lieu duquel M. de Lafayette régnait, ou plutôttrônait, sans partage. M. de Lafayette, M. Laf-fitte et M. Audry de Puyraveau , de la gauche,auxquels étaient associés le comte de Lobau etM. de Schonen, du centre gauche, formaient cegouvernement indéterminé de Paris ou de laFrance. Ils tranchèrent la question, en nommant,le soir même, des ministres. Ce furent les chefs del’opposition loyale et modérée. On comprenaitalors la nécessité de rassurer, d’entraîner la Franceet l’Europe. Aussi, n’attribua-t-on dans le conseilministériel, à l’extrême gauche, qu’une voix, celledeM. Dupont (del’Eure) ; qu’une autre au côtégauche, celle de M. Bignon; trois des ministres,l’amiral de Rigny, le baron Louis et M. Guizot,étaient des serviteurs respectés et populaires de larestauration. Deux autres furent le maréchalGérard et le duc de Broglie, Ces choix illustres etsages devaient rassurer tous les esprits.

Tel fut le gouvernement issu de la Chambre desdéputés. Mais, autour de la Commission, toujoursappelée municipale , et du cabinet qu’elle avait ins-titué, s’agitait déjà une autre autorité, anonyme,multiple, tumultueuse, et toute-puissante dans lequartier. Son origine et son but n’étaient pas biendéfinis. Il n’y avait de bien déterminé que sonchef. C’était encore M. de Lafayette. Du reste, le