LA. RÉVOLUTION DE l83o. 227
monarchie constitutionnelle au milieu de ce chaos.Loin de contester leur droit, tout le monde le re-connut et l’invoqua. Mais il advint de l’impulsiondonnée par la victoire populaire, que la pairie futlaissée en dehors du mouvement qui s’accomplis-sait : le pouvoir se concentra tout entier dans lesmains de l’assemblée élective. Il advint encore,de cette même impulsion, que le centre droit,le côté droit, toute la partie monarchique del’Assemblée et de la nation se trouvèrent endehors de ce mouvement qui allait constituerl’avenir. Les vainqueurs travaillèrent seuls à or-ganiser la victoire. Ces vainqueurs, c’était l’an-cienne opposition, c’est-à-dire lé centre gauche,le côté gauche et l’extrême gauche, encore unis,mais prêts à se diviser pour toujours. Dans leurunion, ces fractions diverses de l’opinion victo-rieuse représentaient une partie robuste de laFrance; mais enfin elles n’étaient pas toute laFrance, et elles allaient statuer en son nom etpour elle ! Le très-petit nombre de députés pré-sents à Paris, en qui elles se personnifiaient ainsi,étaient réunies chez M. Laffitte. Ils attendaient lesparoles et le ministre de Charles X. Inquiets detout ce qui se rassemblait à l’Hôtel-de-Ville deferments révolutionnaires bouillonnant autour dugénéral Lafayette, ils instituèrent, sous le titrerestreint et circonspect de Commission muni-cipale , une sorte de gouvernement par intérim,