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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE TROISIÈME.

guerre incessante et aveugle, qui, à dater de cemoment, va créer toutes les difficultés du pré-sent et préparer sans repos tous les dangers del’avenir.

Nous avons dit que fort peu de députés setrouvaient alors réunis dans la capitale. Grâce àl’esprit particulier des départements circonvoi-sins, les députés arrivés déjà appartenaient deplus en plus à la gauche ou à l’extrême gau-che. Cependant l’Hôtel-de-Ville les épouvanta.L’effervescence croissante des masses, celte fer-mentation, cette attente redoutable de tout unpeuple qui n’avait plus ni autorité, ni lois, cepassage soudain de l’ordre à la perspective de l’a-narchie, tout leur rendit terrible le veuvage de lapatrie. Mais, s^ils étaient éloignés des violences dela faction de l’Hôtel-de-Ville, ils l’étaient moinsde ses maximes et de ses exigences. Ils partici-paient de ses instincts plus que de ses passions, etde ses préjugés plus que de ses desseins ni de sesthéories. Cette double disposition décide des des-tinées de la France. Ils transfèrent leurs réunionsde l’hôtel Laffitte au Palais-Bourbon pour mieuxopposer puissance à puissance; et là, quels sontleurs actes ? Le premier est de rompre avec ledrapeau de la restauration, qui n’avait personnepour le défendre, de relever le drapeau trico-lore, pour se fortifier de la popularité des cou-leurs de la république et de l’empire ; le second