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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LA RÉVOLUTION DE l83o. 23 1

royal aurait pu dissoudre , que le bon sens publicaurait dû prévenir, sans que ni l’un ni l'autreeût su le vouloir quand il le fallait, avait été laconséquence de toutes les fautes, et la cause detous les malheurs ! Le trône l’avait resserrée,comme à plaisir, au 8 août (1829) par l’avène-ment du ministère de M. de Polignac; il venait des’y briser; et, maintenant, elle était elle-même,comme il fallait s’y attendre, brisée par la vic-toire. Le faisceau, en se rompant, allait former,d’un côté, le parti constitutionnel, le tiers-parti etle nouveau centre gauche; de l’autre, l’oppositionnouvelle, et avec elle la foule des sectes et des fac-tions destinées à rester révolutionnaires partout ettoujours.

Dès à présent déchaînées et indécises, n’ayantplus de liens ni de barrières, les passions révolu-tionnaires s’appuyaient à l’Hôtel-de-Ville commeau centre d’opérations naturel de cette armée ; et làcommença contre la commission municipale, pourcontinuer peu après contre les nouveaux pouvoirs,c’est-à-dire contre l’opinion constitutionnelle sai-sie du gouvernail, la même lutte que tous ces partisensemble avaient suivie de concert jusqu’alors con-tre l’opinion royaliste. Seulement, la lutte étaitdéjà, elle allait être chaque jour plus violente,plus audacieuse, plus menaçante, parce qu’elles’appuyait plus bas et qu’elle était encouragée parson succès à viser plus haut : guerre acharnée,