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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE TROISIÈME.

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messe que fit ce prince à ceux qui l’appelaient,fut que la Charte serait désormais une vérité.C’était arborer dans le camp constitutionnel sondrapeau. Ce n’était pas encore consentir à le plan-ter en dehors de l’ordre légal.

On n’était qu’au samedi 31 juillet ; l’Hôtel-de-Ville s’ébranla, quand il vit un lieutenant -général du royaume, et qu’il pressentit une solu-tion royale. La pensée lui vint de livrer une nou-velle bataille des barricades, de proclamer songouvernement véritable, d’avouer la république,de l’imposer à la France ; il ne lui manqua quela puissance et le courage. Mais l’effroi en prit auPalais-Bourbon. A la nouvelle de l’effervescencepropagée dans les masses, la Chambre se serreautour de M. le duc d’Orléans, et le prince serend, avec elle, à l’Hôtel-de-Ville même, pour yfaire reconnaître et consacrer sa puissance. Ce futson voyage de Beims.

M. de Lafayette, en se rangeant du côté duprince, devint le pontife de ce sacre populaire. Maisde prétendre, comme M. Auguste Portalis le faisaitnaguère à la tribune, que M. de Lafayette donna cejour-là la couronne, c’est-à-dire qu’il en aurait pudisposer à son gré, la donner à tel ou tel, la cein-dre lui-même par exemple, ou bien la mettre danssa poche, y prendre le bonnet phrygien et encoiffer la France, qui se fût laissé faire, le coutendu et les yeux fermés, c’est trop de moquerie.