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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LA. RÉVOLUTION DE l83o.

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Ce qui est vrai, c’est que M. de Lafayette avait lepied dans les deux gouvernements de ces quarante-huit heures. Il e'tait comme le pont de Milton, quiunit le ciel aux enfers. Ce fut pour rester appuyéaux deux rivages qu’il afficha, à l’arrivée duprince, le manifeste célèbre de la monarchie po-pulaire reposant sur des institutions républicaines.Cet illustre non-sens était exactement le juste-milieu entre l’ordre et le chaos, entre le Palais-Bourbon et la commune de Paris. On en a fait,depuis lors , le mot d’ordre et le cri de ralliementde toutes les branches du parti révolutionnaire.On veut y plier toutes nos institutions et toutesnos destinées. C’est ce qu’on a nommé le pro-gramme de VHôtel-de - Vdie. Vouloir que laFrance soit liée par ce programme de l’illustre ci-toyen desDeux-Mondes, qu’elle soit tenue par corpsenvers l’Hôtel-de-Ville de fournir à ces messieursune monarchie républicaine, c’est la condam-ner à trouver, pour leur complaire, la quadraturedu cercle. C’est, pour mieux dire, la condam-ner à fournir une carrière de révolutions sansterme.

La république, dont on s’inquiétait fort, n’étaitévidemment qu’un épouvantail qui s’évanouit aus-sitôt : le parti révolutionnaire jugea prudent de latenir en réserve pour des temps meilleurs; Parisn’en entendit plus parler. On n’a pas dit que laFrance l’ait réclamée. Suivant toute apparence, ce