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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LA. RÉVOLUTION DE l83o. 23g

cause. A la Chambre des députés, l’immense ma-jorité du parti constitutionnel ne pensa pas à dé-fendre la légitimité, que les 221 avaient déclaréesi récemment la base de nos libertés , tant onavait hâte de plier les passions révolutionnairesà la forme royale, d’en finir avec l’insurrectionet l’interrègne, d’échapper à la république. LesHydede Neuville, les Martignac, les Arthur de laBourdonnaye, les Alexis de Noailles luttèrent seulscontre le torrent. A cela près, des résistances n’ap-parurent nulle part. L’illégitimité du coup d’Etatsemblait avoir ôté aux plus fermes esprits la puis-sance d’invoquer la légitimité. Il y a en France descourants d’opinion qui emportent tout, avec les-quels on ne discute pas, devant lesquels toutplie. On ne reprend la liberté de son jugementque quand il n’est plus temps.

La république se soumit, sans coup férir maissans abdiquer, à l’établissement nouveau, parceque la légitimité lui était immolée. Elle trouva,pour une fois, son succès assez grand. D’un autrecôté, les Chambres entendirent bien établir que,si la légitimité était abandonnée, la dynastie mêmene l’était pas -, qu’elle continuait de régner dans laseule de ses branches qui fut majeure et populaire.Par là le droit public de la première race, c’est-à-dire le choix par les assemblées entre les mem-bres de la maison royale, se trouvait remis enhonneur à la place de l’ordre héréditaire qui