SÔO
LIVRE TROISIÈME.
la polémique multipliait chaque jour depuis seizeannées. Il semblait que ce fût une dette de la révo-lution française envers sa sœur aînée, delà cal-quer jusqu’au bout.
Plusieurs pensées se réunirent pour déterminercette subversion du droit public sur lequel laFrance reposait depuis mille ans. Il y eut conces-sion réfléchie au génie du désordre qui s’agitait,appréhension de périls nouveaux , espoir d’oppo-ser désormais à l’anarchie le rempart d’un trôneplus solide, pensait-on, que celui qui tombaitfaute d’avoir eu le point d’appui des intérêtsnouveaux en même temps que le point d’appuides siècles. Il y avait aussi, et peut-être fût-ce lesentiment qui domina, il y avait résolution demettre l’avenir à l’abri de réactions et d’entrepri-ses funestes comme celle dont on venait de por-ter le poids , précaution contre l’esprit qui avaitdicté les ordonnances fatales, parti pris d’assurerenfin à la France nouvelle cette sécurité qui n’a-vait été que trop vainement cherchée jusqu’alorssous la foule des régimes précédents, et qui étaitTunique bien dont la restauration eût été avare.On ne vit pas que les périls qui venaient d’attris-ter la France constitutionnelle, avaient été écartésà toujours par son triomphe; que la Charte auraitété désormais, non plus un octroi de la couronne,mais la conquête et le patrimoine de la France;que la sécurité qu’on voulait s’assurer d’un côté