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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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JA RÉVOLUTION DE l83o. 25 1

de l’horizon, manquerait au contraire de l’autre;que l’esprit révolutionnaire, amorcé en quelquesorte et irrité par cette satisfaction , deviendrait laterreur et la calamité permanente de l’avenir. Oncopiale modèle fourni par l’histoire, sans songerque profondément démocratiques, nous ne pou-vions pas impunément nous jouer, comme lesAnglais, avec un élément d’ordre, quand nousn’en possédions plus, pour parler exactement,qu’un seul (1).

Mais aussi, il faut être sincères : ces réflexions,combien y eut-il d’esprits qui les firent alors? Ladisposition générale étaitde ne voir qu’une grandefaute, un grand châtiment, de grands dangers.

(1) Pendant que ces pages étaient réimprimées (août 1849), l’ap-préciation que l’auteur y avait tracée, dès 1831, de la révolution du9 août 1830, recevait deux sanctions éclatantes, l’une dans le livre deM. Dunoyer, ancien collaborateur du Censeur Européen , sur la révolu-tion de 1848 ; l’autre dans une lettre de M. Madier Montjeau, l’un des221, qui va jusqu’à s’exprimer ainsi :

« Tout était juste et grand dans le combat pour la Charte. Nousdevînmes criminels jusqu’à la démence dans le refus d’accepter l’abdi-cation expiatoire de Charles X.

» Dans ce que nous avons préféré, tout était malaisé... impossible;dans ce que nous avons refusé, tout était facile, noble, durable.

» Si la magnifique famille d’Orléans n’avait été contrainte par nousqu’à un concours légal, elle nous eût apporté des forces immenses...Maintenant que je vois tous ces princes inutiles à leur pays, tous ban-nis, tous courbés sous le même malheur immérité pour tous, je maudisl’aveuglement de ce vote lamentable qui m’a rendu aussi fatal à deuxraces royales qu’à mon pays.