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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE TROISIÈME.

ingrat de nier aujourd’hui ce qu’on éprouvaitalors.

Mais aussi, si bien des dispositions personnellesont changé depuis, si les dissidences se sont gros-sies et exaspérées, si, contre l’usage de la puis-sance , la monarchie de 1830 a perdu avec letemps plutôt que fait des conquêtes, à qui lafaute? Assurément, il y a eu, de son côté, destorts; il y a eu des engagements faussés, desespoirs déçus, des intérêts menacés. Quels sont-ils ?

On ne peut penser que l’ancienne monarchiefût tombée sans défense, que ses amis, que sesserviteurs, que son armée , que la France mêmeeussent passé sans condition sous des lois nou-velles. La France ne se serait pas rendue à merciaux combattants de FHôtel-de-Ville, ni même auxsoixante législateurs du Palais-Bourbon.

Rechercher une fois et fixer enfin la nature dela révolution de 1830, se rendre compte de lamission qu’elle annonça hautement et des limitesqu’elle se posa elle-même, voilà les questionsqu’il importe de résoudre, puisque là réside lecontrat qui a été consenti par la France, qui cons-titue le code des véritables promesses de juillet,et qui nous autorise, chacun et tous, à recher-cher si elles sont tenues.

Nous disons à notre tour, comme le parti révo-lutionnaire qui invoque ce nom sans cesse : les