LA RÉVOLUTION UH l83o. 255
« Loin de moi, s’écriait l’illustre pair, de jeter» des semences de division dans la France; et» c’est pourquoi j’ai refusé à mon discours l’ac-» cent des passions. Si j’avais le droit de disposer» d’une couronne, je la mettrais volontiers auxj) pieds de monseigneur le duc d’Orléans ; mais» je ne vois de vacant qu’un tombeau à Sairit-» Denis , et non pas un trône.
» Quelles que soient les destinées qui attendent» M. le lieutenant-général du royaume , je ne se-» rai jamais son ennemi tant qu’il fera le bonheur» de ma patrie. Je ne demande qu’à conserver la» liberté de ma conscience, et le droit d’aller» mourir où je trouverai indépendance et re-» pos. »
Quelques jours après, un journal, qui ne futpar démenti, se déclara autorisé « à révéler que,
» loin de chercher à isoler, par l’influence de son» nom et de son exemple, un pouvoir qui s’éle-» vait si heureusement pour nos destinées, l’il-» lustre pair ne se servait de cette influence que» pour prêcher l’obéissance et l’union. »
Qu’on ne le conteste donc pas : le sentimentuniversel, dans le principe, fut d’accepter laroyauté nouvelle comme un port dans la tempête.Ce sentiment éclata jusque dans le langage de ceuxdes serviteurs du trône qui s’éloignèrent sansretour des nouveaux pouvoirs pour ne point pas-ser sous de nouveaux serments : il serait injuste et