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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE TROISIÈME.

nouvelles, déshériter celles qui en étaient inves-ties, toutes ces entreprises de l’Assemblée consti-tuante ne vinrent à l’esprit de personne. Tous lespouvoirs restèrent au poste où la législation anté-rieure les avait fixés. La Chambre des députésn’eut pas un moment la pensée de se croire seuleinvestie de ce pouvoir constituant dans lequel ve-nait s’engloutir Charles X; elle n’imagina point deramasser cette omnipotence fatale, parmi les ruinesde la monarchie, au pied des barricades; elle nes’avisa pas de lire sur ces barricades fumantes unarticle 14 à son propre usage. Les formes légalesne furent pas interrompues un jour : non-seule-ment la lettre des lois, celle même des règlements,resta strictement observée. En parlant de la Chartequi le faisait roi, Louis - Philippe, au jour deson avènement, marqua bien le caractère de con-trat que ce grand acte devait avoir, en disant :a Les sages modifications que nous venons d’ap-» porter à la Charte constitutionnelle... » Per-sonne ne protesta.

Si la Chambre supprima tout le préambule dupacte constitutionnel, ce fut comme reposant surune donnée politique démentie par notre histoire,comme contraire à ce vieux droit national qu’at-teste la filiation de nos Assemblées, de nos Parle-ments , de nos Etats-Généraux , de nos Champs-de-Mai, noblesse publique égale en ancienneté àcelle du trône. Mais elle n’entendit pas revenir aux