LA. RÉVOLUTION DE l 83 o.
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rêves anarchiques de l’Assemblée constituante.Elle refusa expressément la proposition faite légè-rement par un de ses membres, l’honorable M. Per-sil, de rendre au droit national le nom périlleuxde souveraineté du peuple ; elle pensa que cenom , fondant la constitution des États sur deuxéquivoques subversives, celles du sens attaché aumot de Souveraineté, et au mot de Peuple, fausse-rait la vérité même, et ne serait qu’un non-sens,si la révolution n’avait l’art d’en faire un fléau.
Le sentiment public était si formel qu’un hommes’étant avisé de promener, au milieu du peuple dejuillet, encore ému de sa victoire, un drapeau quiportait écrits ces mots : Souveraineté du peuple; ilfut incontinent arrêté! Toutes les délibérations,tous les actes de cette époque marquent nettementle point d’arrêt où la révolution comptait se tenir,et rien ne le marque mieux que le maintien dansla Charte de la vieille maxime que toute justiceémane du roi. La révolution entendait donc qu’ily eût un roi, que la royauté fut réelle; que cetrône antique, qui existait depuis des siècles parsa propre vertu, ne fût pas tout entier brisé. Au-trement, on aurait écrit : Toute justice émane dupeuple. Mais on fit plus sagement. On suivit leconseil du cardinal de Retz , qui a dit si bien queces droits respectifs des peuples et des rois ne s’ac-cordent jamais mieux que dans le silence.
Y avait-il donc révolution sociale ? pas l’ombre.