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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LA. RÉVOLUTION DE l83û. 289

D’ailleurs, tout ceci roule sur une erreur clefait, qui est que l’œuvre des trois journées ait étécelle d’une seule classe, qu’il y ait eu ce jour-làdes vainqueurs et des vaincus. La Charte, c’étaitla France entière ; elle seule a triomphé. Personnene s’est rallié au drapeau levé par le pouvoir royalpour la détruire. Et sait-on pourquoi ? C’est parce,que les classes élevées, riches, éclairées, étaient en-trées tout entières dans le mouvement du systèmereprésentatif; elles en avaient fait leur vie et leurgloire, elles avaient, rempli l’atmosphère de cesidées, de ces sentiments de liberté au milieudesquels le pouvoir absolu a péri dès son pre-mier pas. C’est par elles que ces généreuses no-tions étaient descendues aux derniers rangs de lasociété; par elles que le peuple avait appris lavertu du grand nom des lois ; par elles qu’il s’é-tait élevé à comprendre le devoir de combattre,de mourir pour les institutions de la patrie , et deles respecter après les avoir délivrées, comme onrespecte les captives dont on a brisé les fers. Sivous ne voulez pas que ce soit tout le monde ,c’est la classe intelligente, propriétaire, cultivée ,qui a vaincu.

A la vérité, cette classe n’a pas tout entière sou-haité ou voulu l’usage qui a été fait de la victoire ;mais elle s’est tout entière soumise. Elle a entraînépar sa soumission l’adhésion des provinces et dumonde. Sous les Bourbons, elle donna la liberté

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