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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE TROISIÈME.

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pèce humaine, par une route pacifique et sûre , àces améliorations successives dont Dieu a fait lebut de nos travaux et la compensation de nos mi-sères ; mais elle sait que la Providence a mis auprogrès deux conditions : la patience et la justice.Semblable à elle-même dans la prétendue démo-cratie antique, dans les républiques modernes,dans la monarchie puissante et sage , reposant ausein de ces régimes divers sur les mêmes bases ,c'est surtout dans les pays libres qu’elle s’est mon-trée partout, depuis l’origine du monde, diffi-cile en fait de garanties, paTce que de tous lesrégimes, celui qui donne toute carrière au géniede l’homme et à ses passions, a, plus que toutautre, besoin de soutiens, de jalons et de bar-rières.

L’autre politique a de tout autres règles et detout autres procédés. La force, la force brutaleest son principe et sa loi ! Vous la reconnaîtrez àceci : qu’entre les citoyens, les partis , les états ,partout et toujours, elle ignore la justice ; le sa-lut du peuple, c’est-à-dire la nécessité , telle queses passions la lui montrent, en d’autres termes,la force lui en tient lieu. S’agit-il du dedans ? ladissidence est un crime; le soupçon est un arrêt,la peine est la mort ; c’est-à-dire qu’elle n’aqu’une loi, la force, pour régir les hommes. S’a-git-il du dehors? elle ne connaît pas les traités, ledroit des neutres, l’inviolabilité de leurs territoires,