LA RÉVOLUTION DE l83o. 2Ç)'i
Jes conditions acceptées , la foi promise : sa di-plomatie n’est autre chose que la guerre, c’est-à-dire encore la force ; la guerre à tout propos et àtous risques , la guerre sauvage, la guerre avectoutes les armes. Dans son gouvernement, elle nerecourt pas à la discussion, aux formes protec-trices, aux délibérations lentes et libres. Non !chez elle le caprice , la colère, le meurtre , c’est-à-dire toujours la force, tranchent toutes lesquestions, décident toutes les affaires, sans voirni entendre. Chez elle, en un mot, la force pense,délibère et veut, de même qu’elle exécute. Admet-elle l’autorité du temps ? à Dieu ne plaise ! Lepassé , elle le détruit ; l’avenir, elle le dévore. 11lui faut tout envahir , tout abattre, tout essayeren un jour. Marchant à la tête des masses soule-vées, elle fait fléchir toutes les volontés, toutesles résistances, le génie, les grandeurs, la vertu ,devant ces flots terribles où il n’y a d’éclairé quece qui est pervers, et de probe que ce qui estignare; c’est là son conseil, sa cour, son armée.Ce qu’elle appelle la liberté consiste à dicter sescaprices, tour à tour imbécillesou cruels, au jugesur son siège, au citoyen à ses foyers , au légis-lateur dans sa chaise curule, au roi sur son trône.Aussi, elle va , elle bouleverse , elle détruit. Maisne lui parlez pas de bâtir ; fonder n’est pas en sapuissance. C’est le monstre d’Asie qui tue et neproduit pas.