LA. REVOLUTION DE l83o. 2ÿ!)
propriété , l’ordre et les lois. C’est la politiquedémagogique , la politique révolutionnaire. Anti-sociale comme il y a quarante ans, fulminant lesmêmes maximes, soufflant au cœur du pauvre lamême haine du riche qui le nourrit et l’éclaire ;ayant des clubs contre les pouvoirs et des prêchescontre la propriété, elle a inauguré tous ses grandshommes, et vous l’avez vue prodiguer à la foisses dithyrambes pour glorifier ceux qui coupèrentla tête des rois; ses larmes, pour venger Robes-pierre et Saint-Just immolés; ses brigues, pouravoir à la Chambre Barrère vivant.
Par ses apothéoses, elle a publié sa généalogieet ses programmes; ses programmes, Dieu merci!car elle a les siens, et ils l’ont trahie. Elle s’était sibien reconnue dans la terreur, comme une filledans les traits de sa mère, qu’elle a cru que laFrance y reviendrait naturellement comme elle.Elle a oublié qu’il fallut cinq ans de renverse-ments, de démoralisation, de folie, d’effroi, pouramener là nos pères; et nous, elle a voulu nous yporter d’un bond, au risque de se briser contre laconscience publique. Faute de pouvoir encoresuspendre à sa ceinture le triangle d’acier que van-tent ses poètes, elle s’est coiffée du bonnet rougedans Paris, dans Dijon, et a offert à toutes nosvilles ses arbres de la liberté. Un petit nombre denos villes a accepté leur funeste ombrage. Lou-vain, Gand, Varsovie, ont fait voir qn’on a beau