3oa livbe quatbième.
rompre avec les plus passionnés d’entre eux, pourne pas flétrir et compromettre sa fortune.
Les premiers jours des révolutions sont destemps d’effusion et de générosité. Le parti vain-queur est d’abord content de tout, parce qu’ill’est de lui-même. Il s’applaudit de son ouvrage;il mesure les obstacles qu’il a surmontés; il jouitde la victoire. Le lendemain, on songe à l'appli-quer, et on se divise, ou plutôt on se ravise. Lesuns continuent à ne vouloir que ce qu’ils vou-laient d’abord ; ils trouvent bon et sage de se bor-ner à profiter des grâces du ciel, et à s’assurer l’a-venir. Ils craindraient de lasser la Providence,s’ils se montraient inquiets et exigeants encore.D’autres veulent davantage, aujourd’hui, demainet toujours. La pensée d’un point d’arrêt perma-nent les importune comme un obstacle ennemi.Parce qu’ils ont beaucoup conquis, ils croientpouvoir conquérir tout ce qu’ils ont rêvé. Parceque de grandes vicissitudes se sont accomplies, ilscroient avoir fait tout ce qu’ils ont vu. Aussi neproposent-ils pas leurs systèmes ; ils les imposentcomme une dette contractée envers eux par legouvernement qui s’élève. Prétention audacieuse,prétention intolérable ! Un gouvernement n’a dedettes qu’envers le pays tout entier; et un payslibre revendique ce qui lui appartient par l’organedes pouvoirs légaux.
Heureux les peuples, quand l’autorité, pesant