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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE. 3o3

et tous les intérêts et toutes les obligations, saitrompre à temps avec cette politique exigeante,égoïste, aveugle, destructive ! Le repos public etson propre salut sont à ce prix : car, n’en déplaiseaux victorieux de tous les temps, il s’est vu dansle monde plus de causes perdues pour avoir tropfait que pour n’avoir pas fait assez.

L’histoire atteste que là est l’écueil de tous lesgouvernements formés au sein des orages politi-ques. La force qui les a élevés les pousse encore,et il n’y a jamais eu de partis restés maîtres dupouvoir que ceux qui ont su accepter des barrières.11 ne s’est jamais trouvé de princes qui se soientaffermis, que ceux qui ont eu, comme Henri IV etGuillaume 111, le courage de se séparer de qui-conque pensait avoir acquis, en élevant un trône,le droit de le dominer. Ce n’est point infidélité niingratitude; c’est devoir, c’est nécessité.

La restauration a péri à l’œuvre. Tant qu’elletint au point d’arrêt marqué par la Charte, elletriompha sans effort de tous les assauts de ses en-nemis : aussi eut-elle à lutter, pendant ces quinzeannées de fidélité à l’ordre constitutionnel, contreune opposition active d’amis ardents, mais dumoins sincères, de loyaux serviteurs, logiciens ri-gides, logiciens funestes, qui lui demandaientd’appliquer au corps social tout entier le principesur lequel elle reposait. Ils ne s’apercevaient pasque c’était réclamer une autre Charte, une autre