Buch 
Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
Entstehung
Seite
304
JPEG-Download
 

3o4 LIVRE QUXTEIÈME.

royauté, une autre France. A la fin, au 8 aciût(1829), la logique domina-, et, un an après, jourpour jour, Louis-Philippe d’Orléans était roi.

Tout le monde s’en souvient : pendant lesquinze années, on ne cherchait pas les causes deVinquiétude vague , disait-on, mais réelle, qui eneffet troubla obstinérpent les prospérités infiniesde la France, sans que des voix puissantes necriassent, à la tribune, dans le Conservateur, aupavillon Marsan, que tout le mal tenait à ce ver-tige de la royauté hostile pour les royalistes, dela royauté vouant à la disgrâce ceux qui avaientcombattu pour sa cause, et par qui elle avaitvaincu, s’éloignant d’eux au lieu de se jeter dansleurs bras, se privant à plaisir de ses naturels ap-puis, désertant leurs intérêts et leurs principes,pour complaire à ses seuls ennemis, et mille autresfolies éloquentes dont la fortune a fait raison à lafin d’une manière si terrible. Poursuivait-on laconspiration du bord de l’eau, bou ien enlevait-onun commandement immense, celui des gardes na-tionales de France, au premier sujet du royaume,au frère du monarque, au comte d’Artois, qued’accusations formelles de trahison lancées contrele ministre qui avait, écrivait-on, rompu ainsi tousles liens du roi et de la France'. Lorsque, roi à sontour, ce prince crut un jour àla nécessité de com-battre, par deux ordonnances célèbres, les asso-ciations du temps, les colères portèrent jusque