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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE. 3 I 3

Pour bien marquer le mépris profond qu’on faitde la France, le même journal qui prêeha d’abordla démagogie, se déclare le défenseur de la cause. et des droits du fils de Marie-Louise ; en mêmetemps il emprunte au défenseur illustre d’un autreenfant et d’une cause auguste, l’appui de ses co-lères, comme Patrocle prenait les armes d’Achille,sans qu’on puisse dire qui, dans tous ces amal-games adultères, est courtisé sérieusement ouraillé, de la légitimité, de la république , ou del’empire !

Une manœuvre des patriotes est de frapper dehonte, pour tout flétrir, pour tout saper plus sû-rement, et la restauration, et la maison royaletoute entière. Leur langue ne se lasse pas de redireque notre patrie est tellement d’humeur à souffrirla honte qu’elle porte paisiblement, aujourd’huiet depuisdix-sept années, cet horrible fardeau. Etquels sont les hommes qui tiennent ce langage?Est-ce, par exemple , ce brave général Durosnelqui a enfoui dix-sept ans de sa vie dans une re-traite profonde, et n’a reparu à la lumière, qu’àl’heure où il a vu briller, sur le clocher de l’é-glise prochaine, le drapeau de ses grands jours?Non, celui-là n’insulte pas an malheur; il n’in-sulte pas à un gouvernement que lui ne reconnais-sait point, mais que reconnaissait son pays. Ilcraindrait trop de blesser la France elle-mêmedans les princes, dans les lois qu’elle accepta ; et