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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE. 3l9

et que, par conséquent, il est leur vassal, leur dé-biteur , obligé par corps envers eux ; puis ils seretournent vers le pays, et se glorifient de ne nousavoir pas fait république, de nous avoir laissésprovisoirement monarchie quand nos destinéesdépendaient de leur bon plaisir !

Mais de deux choses l’une. Si vous jugez larépublique mauvaise, ou bien si vous recon-naissez qu’elle était impossible, et par rapportà la France, et par rapport à l’Europe qui vouspréoccupait alors, de quoi vous vantez-vous?Si, au contraire, la république est si belle à vosyeux, et que vous ayez pu , à votre fantaisie,en doter votre heureux pays, pourquoi nous enavez-vous sevrés ?

Vous ne l’avez pas pu : vous avez compris lavolonté de la France ; vous avez reculé d’épou-vante devant la tentative de lui rendre ouverte-ment cette fois et tout à coup, sans préparation,un régime qui l’a baignée de sang, et qui, au-jourd’hui, dans l’état actuel des esprits et dumonde, aurait encore noyé dans le sang vous etelle. Mais ce que vous n’avez pas compris , c’estqu’en restant attachée à la monarchie, elle la vou-lait de bonne foi, sérieusement, sans alliage des-tructeur; ce que vous n’avez pas compris nonplus, c’est qu’en demandant un roi, elle n’envoulait pas deux, M. de Lafayette en même tempsque Louis-Philippe, parce qu’elle sait bien que