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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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3a6 LIVRE QUATRIÈME.

avec son utopie. Tous ces architectes en l’air onten poche un devis de quelques combinaisons in-surrectionnelles, de quelques révolutions démo-cratiques, qu’il faut peser, mûrir, mettre encours d’exécution , sous peine de déchéance.

On vous crie de toutes parts que vous fûtes leprécurseur delà révolution de 1830, que vous seulavez tout fait, que vous vous devez à vous-mêmesde veiller sur votre ouvrage et d’avoir soin qu’ilsoit mené à bien. On vous somme de pousserabout l’expérience de vos théories, pour justifiercette louange de Charles X, disant à M. Royer-Collard qu’il ne reconnaissait qu’un homme qui fûtaussi conséquent que lui-même, et que cet hommec’était vous. On vous montre l’établissement desbons principes dans le monde entier , comme fai-sant aussi partie de votre mission et de votregloire. On exige de vous d’autres guerres d’Es-pagne, destinées à relever des tribunes commecelle de 1823 à en renverser. On vous engage,on vous lie , ainsi que font les princes entre eux ,par l’envoi de leurs ordres : au lieu de plaques etde cordons, se sont des uniformes de gardes na-tionales qu’on échange; et vous parez votre frontchenu de la coiffure martiale du grenadier polo-nais , comme un autre roi, pour complaire à sonvoisin , porterait en sautoir le mouton illustre dela Toison-d’Or. Vous devenez ainsi par degrés uncentre européen , que disons-nous ? Universel !