LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE. 331
A quels destins sera réservé le monde , si jamaisces ambitieux prennent crédit, si leurs conseilssont écoutés, si, à défaut de leurs conseils, leurslouanges seulement sont entendues ? Et les leursne le fussent-elles pas, il en est de plus redouta-bles, celles que dicte un zèle sincère et pur commecelui de M. Luchet, alors qu’il s’écrie : « Son image,» le soir, vient me visiter! Je m’en empare, je» l'embrasse , je la caresse ! je l’appelle honneur,» patrie , liberté, gloire! Je la vois incarnée, faite» homme, majestueuse, au front serein, calme et» belle, semblant me bénir... Attendrissante bé-» nédiction que je croyais être celle de Dieu, un» jour que je la reçus en effet, et que, se pen-» chant sur moi, il me dit d’une voix altérée :
» Au revoir , mon ami! » Puis l’écrivain ajoutequ’il n’y a que deux noms dans l’histoire : l’autreest Napoléon ! Faut-il admirer ou plaindre davan-tage la vertu qui est en butte à ces tempêtes d’en-cens? Napoléon et Jacques II se sont perdus àbeaucoup moins.
A la vérité, on nous criera que les courtisans dela république n’obéissent du moins qu’à des con-victions, que l’ambition leur est étrangère, qu’ilsn’adulent que la disgrâce et la vertu , que ce sontenfin des courtisans modèles , des courtisans dé-sintéressés. Il y a un malheur, c’est que, dans lescartons des huit ministères, se sont accumulées,depuis juillet 1830, pour l’obtention de préfec-