Buch 
Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
Entstehung
Seite
350
JPEG-Download
 

35o

LIVRE QUATRIÈME.

Un parti ne se juge qu’aux doctrines qu’il pro-fesse dans ses jours de triomphe ou d’espérance,cpii sont en général les jours de deuil public; carensuite il recule devant l’aveu de ses vraies pen-sées. La France ne doit pas oublier celles que pro-fessait la faction, quand la société tout entière étaitémue, que. F Archevêché tombait sous les coupsde la multitude, et que des bandes armées mar-chaient sur le palais des Chambres, en menaçantde marcher sur celui du prince. Alors quelquesfeuilles perdues n’étaient pas seules à invoquer lesprérogatives indéfinies de la souveraineté du peu-ple ; alors la tribune retentissait des mêmes maxi-mes. La souveraineté du peuple devint tout àcoup, à la place d’un droit abstrait et spéculatif,la participation réelle de la multitude au gouver-nement des affaires publiques; ce fut son inter-vention active et constante; c’était la confiscationde toutes les supériorités naturelles ou acquises,de toutes les influences légitimes, de toutes lesforces intellectuelles et morales, de tous les inté-rêts compactes et permanents, au profit d’uneseule force, d’un seul droit, qu’on appelle le nom-bre. Les orateurs proclamaient à l’envi le suffrageuniversel comme le patrimoine nouveau du peu-ple; et M. de Lafayette, sans en réclamer d’unefaçon expresse l’application immédiate à notrepatrie, mais sans taire ses prédilections et sanssonger apparemment au péril d’offrir à la multi-