LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE.
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tude soulevée de telles amorces, M. de Lafayette,au témoignage de qui on devait croire, appuyaitcette doctrine sur deux exemples fautifs, sur deuxsouvenirs erronés : l’Assemblée constituante et lesÉtats-Unis.
L’Assemblée constituante a commis bien des té-mérités; mais jamais celle d’instituer le suffrageuniversel, ou même de le promettre. Ses citoyensactifs n’avaient d’autre mission que de choisir desélecteurs dans un cercle fort restreint, parmi envi-ron les soixante mille plus imposés du royaume.Les Etats-Unis sont plus circonspects encore.Toutes les constitutions de chacun des États dontla fédération se compose, diverses entre elles deformes et de principes, s’accordent en un point :c’est que l’ordre y est placé sous la garantie dehiérarchies électorales plus timides, plus gra-duées que les nôtres, n’admettant pour le censélectoral la fortune industrielle et mobilière qu’a-vec des réserves infinies, attentives, en un mot, àprendre pour point d’appui la propriété foncière,vraie base des sociétés humaines ; et de là vientque cette république, qui d’ailleurs n’a pas devoisins, qui repose sur l’esclavage, et qui est oc-cupée à vaincre la nature, à défricher les déserts,peut fleurir depuis quarante ans à l’ombre de seslois.
Le suffrage universel n’a été proclamé qu’uneseule fois sur la terre. Ce fut par la Convention,