362 LIVRE QUATRIÈME.
lois bien laites, une nation bien régie! M. le gé-néral Lamarque consulte-t-il son chasseur pourenvoyer un plan de campagne aux Bolonais?M. Eusèbede Salverte soumet-il au jugement desonportier ses savants ouvrages sur l’alcliimie? M. deCormenin s’en rapporte-t-il à ses garde-chassespour asseoir ses majorats?
Une remarque curieuse, c’est qu’un article deloi sur la pêche fluviale, voté par les trois pou-voirs, est au sein de chacun d’eux l’objet d’unedélibération longue et méthodique. Mais pour cesgrandes questions sociales, point de formes, pointde degrés, point de délais, point de sanction. Etcomme l’arbitre souverain est ignorant, inca-pable, livré à ses passions ou aux passions d’au-trui, on ne réclame de ce docte juge ni examen nidiscussion ; il fait une Charte par un vote, et cevote, c’est une acclamation !
L’inconséquence la plus grossière de nos rigideslogiciens n’est pas assurément leur prétention deborner le suffrage universel au cas de révolution.De quel droit fixer au souverain des limites? àquel titre? et pourquoi?
Pourquoi, si l’intervention du peuple est utile,ne pas y recourir toujours! Si vous la jugez péril-leuse et funeste, d’où vient que vous y recourezquelquefois ?
A quel titre, après avoir proclamé son droit etle lui avoir fait exercer, lui en déniez-vous l’u-