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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE. 363

sage? S'il lui plaît de l’exercer encore, qui l’enempêchera ?

Serait-ce que vous admettez qu’il n’ait usé de sapuissance que pour la déléguer à toujours? Rous-seau, en niant la délégation, était un meilleurdialecticien que vous. Si les masses ont le droitde délibérer sur les destinées publiques , c’est undroit qui ne saurait être abdiqué. Le père n’a pointlicence d’y renoncer pour son fils. Une générationtout au plus peut disposer d’elle-même : toutes lesfois que la moitié plus un de la génération qui votase trouve renouvelée, il faut convoquer le peuplepour statuer à nouveau. Le suffrage universel seraune fièvre périodique. Il y aura à chaque périodeun accès. Ce seront les jubilés de la démocratie.Hélas ! sous l’empire de vos détestables passions,ne seraient-ce pas ses saturnales !

On voit que, dans la meilleure chance, la mo-narchie héréditaire serait un bail de trois, six,neuf, en supposant qu’il plût aux masses de n’u-ser de leur droit qu’avec discrétion et à époquesfixes, comme on célébrait dans la Grèce les olym-piades. Nous disons : en supposant ; car, dans cesystème, il n’est pas de puissance capable de pré-valoir contre la multitude. Son bon plaisir est lebon droit. Si elle veut revenir aujourd’hui sur ladélibération prise hier, sur la concession faite laveille, elle le peut constamment. Dans ce système,ce que quelques royalistes disaient de la Charte