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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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364 LIVRE QUATRIÈME.

royale, sera bien plus vrai des chartes populaires :« Concédé à toujours » voudra dire « tant quebon nous semblera. »

On le voit, le principe du suffrage universel,c’est la révolution permanente. Toutes les bar-rières qu’on voudra établir seront des violations duprincipe. Il n’est donc pas de système qui attaqueplus profondément au cœur la sécurité de tous lesintérêts et la stabilité de toutes les institutions. Lepeuple pouvant tout ce qu’il veut, et devant vou-loir tout ce qui satisfait sa passion du moment, iln’y a de fixité ni pour les lois, ni pour les hommes,ni pour les choses : le sol tremble sans repos.

On a beaucoup dit, dans les discussions de laChambre des députés, que les deux pivots del’ordre social sont l’esprit de stabilité et l’espritde progrès. Encore oubliait-on le plus essentiel detous, l’esprit de transmission. Or, vous adresserez-vous, pour servir ces grands intérêts et pour lesconcilier, au génie des masses ? Comment vousoffriront-elles, pour conserver l’ordre établi, unpoint d’appui, un centre commun et durable?Quels sont, dans la multitude, l’opinion uniforme,le vœu soutenu, l’intérêt permanent? Qui peutdire que le peuple en corps voudra demain cequ’il veut aujourd’hui, suivra les mêmes desseins,s’attachera aux mêmes lois ? Et sans fixité dans lesinstitutions, sans suite dans les vues, commentse tracer une route oii l’on marche d’un pas ferme