Buch 
Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
Entstehung
Seite
366
JPEG-Download
 

366 LIVRE QUATRIÈME.

crivaient; on opposera à des discussions éloquentesdes cris de mort, parce qu’on procédait ainsi il y adeux mille ans ; on entendra faire de la libertédans les carrefours, parce qu’il y a deux mille ansles choses se passaient ainsi dans les rues de Romeou d’Athènes; on en appellera sans cesse des pou-voirs constitués, qui tiennent leur mandat du payset de la loi, à des attroupements tumultueux quine tiennent leur autorité que d’eux-mêmes; onexcitera le peuple, en dénonçant à ses inimitiés lesriches, les bourgeois, les marchands, parce qu’ilfut un temps où le peuple s’ébranlait à l’appâtde conquêtes violentes sur toutes les catégories so-ciales. Ces hommes ne comprennent pas que laliberté moderne ne peut se faire sur les places pu-bliques à coups de masses populaires; qu’unedes plus belles découvertes de la civilisation estcette liberté pacifique, intelligente, domestique,qui n’est pas à la merci des mouvements oratoiresde quelque tribun, de la furie changeante de lamultitude, de la retraite sur le Mont-Sacré de quique ce soit au monde, fut-ce M. de Lafayette. Laliberté antique, fondée sur l’esclavage, n’étaitqu’une succession , un échange , une lutte de ty-rannies contraires : nulle tyrannie, tant qu’on restedans la limite des lois, n’a de prise sur la nôtre.

Si la souveraineté des classes inférieures n’estpas profitable au corps entier du peuple, l’est-eileau moins à ces classes même qu’on investira de la