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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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374 LIVRE QUATRIÈME.

démocrates désappointés nous épouvanteraient deleur aristocratie (1).

C'est qu’il y a de l’aristocratie, et beaucoup,dans toutes les déclamations révolutionnaires. Lesdéclamateurs n’ont pas envie que les masses s’éga-lent à eux ; ils entendent seulement être supérieursà autrui, et, comme il y a des classes qui leurfont obstacle, ils trouvent plus simple de briserl’obstacle que de le traverser noblement et de ledominer. Ce monde est livré à deux ambitions :la difficile, la profitable, la légitime, qui con-siste à s’élever régulièrement au-dessus de ses pa-reils ; l'autre consiste à tout rabaisser au-dessousde soi; celle-là est la mauvaise : c’est elle, parexemple, qui a condamné la pairie. C’est celle quiagite, tourmente la France et cherche à l’asservir.

Nous serions fâché cpie personne prît ceci enmauvaise part; mais comment ne pas se souvenirdu spectacle qui a été offert une première fois aumonde? Les démocrates d’il y a quarante ansavaient donné plus de gages que les nôtres; onaime à le dire, pour la gloire de ceux-ci. Ceux-là

(1) On est toujours obligé de rappeler que tout ceci est écrit en4 834. (V. les premières éditions ; Seize Mois, Vingt Mois.) On saitce qui a été dit depuis la révolution de février, par les écrivains révolu-tionnaires eux-mêmes, de tels et tels de leurs anciens chefs : ce qui aété dit en particulier du gouvernement provisoire au palais du Luxem-bourg. (Note de la présente édition. Octobre 4848.)