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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE- 3^5

avaient tué nobles, prêtres et rois : nous les avonsvus barons, comtes et ducs.

Et ce n’est pas chose particulière à la France ; c’estde tous les lieux et de tous les temps. On sait l’his-toire de ce Licinius Stolon, grand ami du peuple,qui fit passer une loi pour que nul ne pût posséderplus de cincj cents acres de terre; quelques an-nées après, il fut condamné en vertu de sa propreloi : le grand citoyen en possédait dix mille.

Le nivellement caclie toujours ces deux choses,de la vanité et de l’envie; quelquefois la cupidités’y joint. Or, la fierté, qui est l’orgueil légitimeet digne, conserve l’édifice social; mais la vanitéenvieuse, qui est l’orgueil malade, le sape, la va-nité cupide le renverse et brocante ses ruines.

Tout se réduit donc, pour le parti révolution-naire, non pas à laisser le peuple sans guides, maisà lui en donner de nouveaux. Certains hommesregardent comme trop laborieuse la tentative dedevenir les chefs delà société; ils trouvent pluscommode de se faire les chefs de la multitude.

Il est une féodalité d’écritoire qui enserre laFrance : elle attend, pour régner sans entrave,d’avoir détruit l’ordre social, qui lui fait ombrage.Il n’y a, dans le parti, que deux nuances mar-quées : les uns voient, et les autres ne voient pasque, pour arriver là, il faut une nouvelle invasionde barbares. Mais ce que tous comprennent etsentent également, c’est la nécessité de se consti-