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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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376 LIVRE QUATRIÈME.

tuer les ministres du peuple, et pour cela de sefaire d’abord ses courtisans. Car le peuple est unsouverain qui a toutes les faiblesses qu’on attri-bue aux maîtres du monde. Pour le conduire, ilfaut le flatter; pour le flatter, pour le séduire,pour l’enchaîner, il faut, le corrompre. On vanteson génie, en comptant lui en prêter. On caresseses mauvais penchants dans l’espoir de s’en serviret de les dompter plus tard, quand on aura reçude lui-même la puissance de le maîtriser. C’estainsi qu’on arrive à exalter en lui toutes les pas-sions destructives, comme, pour marcher enavant, un chef de guerre lève une arméfe.

Il est des principes conservateurs qui ne peu-vent être méconnus au sein d’un peuple, par lesprétentions et les débats des partis, sans que ledésordre ne fasse irruption de toutes parts. Alorsil envahit les théâtres, domine la presse, subjugueles écoles, leur dicte des paroles coupables contreles grands pouvoirs ; et, ensuite, des paroles il lesentraîne aux actes. A la fin , il règne sur la placepublique, et ose prétendre à dicter des lois aupouvoir ou à le renverser. Il lui commande la paixet la guerre; il insulte tout ce que les peuples ho-norent. Il viole le domicile du député, du mi-nistre, du prince même; il menace les églises àParis, les hôpitaux à Dijon, les châteaux dansl’Ariége, partout les douanes, les octrois, lescaisses publiques. Il ne craint pas d’arborer ce