Buch 
Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
Entstehung
Seite
381
JPEG-Download
 

LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE. 38 I

tions d’administration et de finances. Elle fait ausside la justice. Quelquefois, elle intervient pour prê-ter appui aux défenseurs, d’autres fois pour assurerla victoire au ministère public. Si un journal estpoursuivi, elle applique le principe de la repon-sabilité de l’imprimeur : elle jette ses presses parla fenêtre, et abat ensuite sa maison. Si une dé-monstration légitimiste a lieu dans une église, lamagistrature des estaminets et des carrefours appa-raît pour punir sur des pierres la faute des hommes ;elle frappe le tabernacle en haine du prêtre ; elledémolit une maison sainte, en ravage une autrecomme un incendie, elle étend l’insulte à tous lessignes qui sont respectés, au dire de la Charte, parla grande majorité des Français; elle comprenddans la profanation et la ruine, de riches trésorslittéraires, comme pour outrager à la fois tous les« sentiments des nations civilisées, et bien marquerque la justice de l’émeute a passé là. Puis vient lajustice du pays, qui déclare, au milieu de toutesces décombres, que l’acte si terriblement châtiéne constituait ni crime ni délit. N’est-il pas heureuxque le verdict du jury ait été ainsi prévenu, que laloi ait été ainsi suppléée] Voilàla différence de la loide l’Etat et de celles des rues, de la justice spon-tanée des amis du peuple et de la justice réfléchie! des jurés légaux. Ce qui est digne d’observation,j c’est qu’à l’heure qu’il est, un homme revêtu d’uncaractère public, un membre des grands pouvoirs,