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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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382 LIVRE QUATRIÈME.

un député , après huit mois de méditation, aprèsle verdict d’acquittement juridique, donne rai-son, hautement et sans détour, à la vindicte soi-disant populaire. Ceci peut donner à penser.

Il résulte de là au moins deux choses : c’est d’a-bord que, pour tout ce qui risque d’être suspect,croix, pierres , livres ou hommes, la procédurelégale, aujourd’hui comme il y a quarante ans,vaut mieux que la procédure révolutionnaire;c’est ensuite que les actes de cette procédure sau-vage, aujourd’hui comme il y a quarante ans,trouveraient encore des instruments et des apolo-gies, les uns en s’appuyant à l’intérêt sacré dupeuple, les autres à l’irritation trop légitime queles traîtres provoquent; car, ainsi qu’il y a qua-rante ans, la faute sera toujours aux victimes.

Ces doctrines, ces actes, l’aspect seul de l’é-meute toujours en action depuis vingt mois, ac-cusent une plaie sociale d’autant plus alarmanteque le mal est dans une région où semblerait de-voir se trouver le remède.

On a vu le peuple, le vrai peuple, étranger à lasédition et la poursuivant de ses anathèmes; desorte qu’en même temps que l’émeute prétendaitsuppléer les lois, il lui fallait suppléer le peupledans ses rangs. Pour se parer d’unj nombre pré-sentable, pour opposer à la puissance publiqueune force quelconque, elle était contrainte de re-courir à des forces flétries. Nous avons vu, tou-