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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE. 387

fallait, à tout prix, retarder une solution favo-rable au prompt rétablissement des lois, de mêmeque, les lois rétablies, il a fallu contester à labrave armée qui avait combattu avec un rarecourage pour la propriété, pour l’ordre, pourtous les intérêts chers aux nations civilisées,quelques rares distinctions, faible prix d’un sangsi bien donné ; il a fallu en même temps prodigueraux rebelles, aux meurtriers , pour bien dire, lesexcuses, les louanges peut-être, tant il est vraiqu'on ne peut pactiser avec une seule des doctrinesdu désordre sans les subir toutes comme un im-pitoyable joug!

Et nous sommes condamnés à le remarquer :dans tous les actes que nous signalons, paroles ousilences, tout est commun entre la gauche et l’ex-trême gauche. La parole des orateurs dynastiques,les grandes figures de M. de Lafayette et de M. Du-pont (de l’Eure) , tout cela appartient invariable-ment à une même cause. Entre ceux qui ont faitla monarchie de 1830 et ceux qui ne l’ont pasvoulue, il y a une alliance indissoluble pour laminer, l’abaisser, la niveler, au risque de la ren-verser et de renverser l’ordre social avec elle.

C’est qu’on subit la rude loi d’une nécessairealliance avec les révolutionnaires de tous les de-grés; on a besoin de conserver la clientèle detous les démagogues, pour ne pas rester seuls enprésence de toute cette société qu’on blesse et