390 LIVRE QUATRIÈME.
pour n’en avoir que trois à la fois sur les bras; en-suite, pour avoir l’espérance de n’être en échecque sur les deux tiers ou les trois quarts de nosfrontières, point sur tous nos confins et sur toutesles mers; enfin, pour avoir une chance de déta-cher une portion des Etats secondaires de l’al-liance offensive et défensive des grands empires.Nous ne pouvons nous engager dans aucune aven-ture où nous courrions le hasard de rester seulsaux prises avec tout le monde. Le simple bon sensfait voir que c’est une question de vie et de mort.
Et il y a quelque chose que nous devons redou-ter plus encore que la guerre universelle : ce sontles guerres injustes. Celles-ci soulèveraient égale-ment les peuples et les rois. Il faut songer quenous pourrions bien être mal famés en Europe.Nos armées y ont paru deux fois : la première,elles y apportaient la liberté ; on sait quelle libertéspoliatrice et sanguinaire. La seconde, elles ap-portaient des comtes, des ducs, des princes , desrois; et plusieurs de ces rois, de ces princes , deces ducs, de ces comtes étaient les mêmes démo-crates qui avaient pressuré naguère au nom de larépublique, les pays conquis et qui les pressuraientalors au nom de S. M. Très- Chrétienne , l’empe-reur et roi. Il n’y aurait pas de miracles quand àtous les cris de guerre de nos prédicateurs de li-berté et d’égalité, chaque village d’outre-Rhin se de-manderait auquel d’entre eux il va écheoir en fief,