398 LIVRE QUATRIÈME.
La guerre, telle que nous la présenteraient lescoalitions perfectionnées de nos jours, exige de laprévoyance, de l’ensemble, de la suite. Elle veutla prudence dans le conseil non moins que l’en-thousiasme sur la place publique, l’habileté dansles opérations autant que le dévoument chez lessoldats; par-dessus tout, de bonnes finances enmême temps que de bonnes armées. On sait, parl’histoire, si un gouvernement révolutionnaire as-sure tous ces biens.
En présence de l’Europe armée, quel devraitêtre le voeu des bons citoyens? Apparemment, den’avoir la guerre que sur les frontières. Serait-celà le fruit heureux du régime révolutionnaire ?Qui doute que le règne des factions n’enfantât desdéchirements effroyables, et que le terrorisme neprovoquât des résistances sanglantes? Et c’est avecune France divisée ou asservie qu’on voudrait af-fronter cette Europe d’aujourd’hui sous laquelleNapoléon a succombé deux fois ! Songez que Na-poléon appelait la France la grande nation , parcequ’elle était compacte et unie, parce qu’il avait eusoin, pour assurer sa puissance et celle de l’em-pire, de convoquer dans ses conseils tous les ta-lents , dans sa cour toutes les illustrations, dans sescamps tous les courages. Les Larochejacqueleinlui paraissaient bons pour se faire écharper sousles aigles aux champs de la Moskowa. En un mot,dans ces jours de gloire immortelle, restés si chers