Buch 
Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
Entstehung
Seite
397
JPEG-Download
 

LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE.

puissant que ce génie qui ébranla la terre : c’estun gouvernement révolutionnaire.

Tous les orateurs du parti nous ont dit, centfois, qu’en cas de guerre, une Convention et sonénergie terrible (on sait de qui est le mot) pou-vaient seules sauver la patrie. Or, qu’est-ce qu’uneConvention ?

Ici se présente une erreur fort grave, fort accré-ditée, qu’il importe de combattre. C’est un axiomegénéral, qu’un gouvernement révolutionnaire aune vertu particulière pour assurer la victoire ; leparti y a une foi si aveugle, que c’est sur ce talis-man terrible qu’il se fonde pour mettre au défil’univers.

On est abusé par des souvenirs inexacts de laConvention ; M. Manguin et consorts oublientqu’elle trouva sa cause gagnée déjà dans leschamps de Valmy et de Jemmapes, qu’alors laguerre civile n’avait pas encore mis l’Ouest enfeu, et que, dans ce temps, la coalition se sentaitépuisée lorsque cent mille hommes avaient com-battu. Le Comité de salut public, avec ses qua-torze armées, n’eut jamais en face plus de troiscent mille combattants. Aujourd’hui , ce sontd’autres masses qui entrent en ligne ; les puissancesont une autre expérience de la guerre ; d’autreschefs les dirigent. La France a deux raisons pourles apprécier dignement : c’est qu’elle les a vain-cus et qu’elle les a formés.