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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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4o8 LIVRE QUATRIÈME.

presque toute la face du continent! Moins l’aristo-cratie, grand Dieu ! Mais cette Pologne pour quivous avez, dites-vous, tant d’entrailles, oubliez-vous qui marchait à sa tête naguère, qui a su sibien y combattre et y mourir pour la patrie? Nesavez-vous pas que, pour exproprier cette belli-queuse noblesse, il faudrait la détruire, ou plutôtdétruire la Pologne même? Auriez-vous voululancer à cette malheureuse Pologne , commegage de votre sympathie, un fléau exterminateurde plus ?

Et vous comptez sur l’alliance des peuples !Voyez ce qui se passe dans le monde. L’Espagne,qui faisait une révolution en 1820, qui la faisaitseule, qui la faisait quand il n’y avait pas de cecôté des Pyrénées une révolution qui lui tendît lamain , l’Espagne vous voit à l’œuvre, et elle pré-fère le sceptre de Ferdinand VII au vôtre. L’Alle-magne rétrograde dans la carrière des institutionslibres. L’Angleterre se désintéresse ou s’épouvantede la réforme. Tous les peuples savent ce que vousne savez pas vous-mêmes, c’est que vous les con-viez à l’orgie sanglante de la terreur. C’est qu’aufond de votre système, il y a, bon gré mal gré,une jacquerie pour tout l’univers.