Buch 
Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
Entstehung
Seite
413
JPEG-Download
 

LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE. /| I 3

tous ; pour beaucoup, moins la tête, le cœur,les bras*, pour quelques-uns, moins le torse toutentier. L’utopie que Néron convoitait, les plusmodérés la réalisent.

Une prmière fois ce système a été appliqué àla France. On appela peuple ce qui n’était pas lepeuple, liberté ce qui n’était pas la liberté, et ontint les échafauds en permanence pour la plusgrande gloire de ce faux peuple et de cette libertémensongère. Ceci, nos adversaires mêmes ne lenieront point. Ils sont bien obligés de convenirqu’il y avait alors mensonge et tyrannie, une ty-rannie abominable, puisqu’elle prétendait cimen-ter un mensonge par le sang. Us y sont obligés ,car ils accordent tous en ce moment que la Francene veut pas la république et ne la voulut jamais.Us le reconnaissent si bien que, maîtres de la patrieà ce qu’ils prétendent, ils lui ont donné un roi. Etcependant la république ou la mort était le pro-gramme de la révolution du 10 août! la réalitéétait la république et la mort.

Après quarante ans, le même système se renou-velle, avec l’unique différence que les chefs veu-lent, disent-ils, asseoir sur la pique populaire unecouronne. La preuve que cette fois, comme alors,ils se sentent délaissés du peuple véritable, qu’ilsse jugent en opposition avec les intérêts de ce quia des intérêts, avec les pensées de ce qui a despensées, c’est que, comme leurs devanciers, ils ne