4l2 livre quatrième.
D’un fait et d’un équivoque.
Le fait, c’est qu’ils ont généralement pour euxla multitude des villes, milice facile à assembler,naturellement compacte, encore barbare selonM. Odilon-Barrot. Ce sont les strélitz du parti.
Quand cette orageuse milice se montre, elleimpose; quand elle veut, sa volonté est loi; carelle est révolution, et la France courbe la tête.
L’équivoque est que ce peuple soit le peuple.Il n’est du peuple français que la partie la plusmobile, la plus passionnée, la plus terrible, laplus grossière : avant les miracles de ces derniersmois, on aurait ajouté : la plus corrompue.
C’est sur cet équivoque que se fonde l’autoritédu parti; son droit est un jeu de mots. Il parleau nom du peuple. On n’a qu’à lui demanderlequel ?
Si l’on compte encore pour quelque chose, nousne disons pas les illustrations, les rangs, les ser-vices, les talents, mais seulement les richesses etles lumières, la portion la plus considérable et laplus nombreuse du peuple est tout entière endehors du parti et contraire à ses maximes.
Plus vous êtes enfoncé avant dans la faction ,plus vous laissez derrière vous d’intérêts et desentiments froissés, et dès lors plus s’agrandit laFrance dissidente : plus est manifeste la tyrannie.
Ainsi, ce qu’on encense et ce qu’on prétendcouronner, c’est le peuple, moins la tête pour