CHAPITRE III.
NATURE DE LA PRESSE.
Au spectacle de la presse, pourquoi le dissimu-ler ? nous éprouvons le sentiment du vétéran quivoit profaner ses armes. La presse n’est plus cetteamie de la liberté qui suit pas à pas le pouvoir,combat ses dépositaires égarés, avec ardeur, avecpassion peut-être, mais n’a garde de contester aupouvoir même ses attributs nécessaires, et d’é-branler l’État sur ses fondements. C’est une Eu-ménide, une Bacchante, une Némésis (elle-mêmel’a dit), qui agite la torche, la hache, le poignard,qui insulte et frappe, qui s’applique, dans ses mo-ments lucides, à démolir pierre à pierre l’édificesocial, qui s’attaque indistinctement à l’État ou àla famille, qui semble enfin tourmentée d’unesorte de fièvre dévorante, et avoir besoin, commeles anges de Milton , de se venger des souf-frances d’un orgueil malade et inique par desdestructions. Ailleurs, il s’est vu que l’injure, quela calomnie pénétrassent dans les champs-clos de