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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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438 LIVRE CINQUIÈME.

des volontés qui ne sont pas les leurs ; ils mettent enœuvre des théories que leur raison condamne; ilsfont le mal, sachant, disant que c’est le mal. Etpourquoi ? parce que la force est apparue, qu’elleresta longtemps imminente, qu’il fallait d’abordla conjurer, qu’il faut aujourd’hui craindre sonréveil. La force! est-ce le talent? sont-ce les lu-mières? est-ce la propriété, l’industrie? Il n’enest pas question. Sera-ce du moins le nombre?Pas même. C’est une minorité grossière, igno-rante , affectant plus de passions qu’elle n’ennourrit; ayant, au lieu de passions, des instinctsaveugles, des appétits de destruction, et redoutéeseulement parce qu’elle semble compacte et peuttout oser. Voilà l’autorité véritable, le génie invi-sible et présent, l’Egérie honteuse qui a trop sou-vent dicté des lois à la France.

Cette autorité, la rivale et l’adversaire toujours,la suzeraine parfois du gouvernement établi, sonhéritière peut-être, possède, pour dicter ses lois,deux ministres infatigables : la presse et la sédi-tion. Celle-ci n’est que le bras, celle-là est le tru-chement de ce monstre, vaincu de temps à autre,jamais dompté, dont chaque mouvement est uneconvulsion, une menace, un avertissement. Di-sons ses œuvres. Ce sera dire ses programmes.